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Première lettre de saint
Jean ch. 4, 7-8 Mes bien-aimés, Aimons-nous les uns les autres
Lazare était mort depuis quatre jours déjà
lorsque Jésus arriva. |
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Lazare, Marthe et Marie. Un frère et ses deux
sœurs, des amis de Jésus. Marthe faisait bien la cuisine. Leur frère est mort.
Ses sœurs avaient pourtant appelé Jésus pendant sa maladie. Mais Jésus a tardé
pour se rendre auprès de lui. Pourquoi ? Maintenant c’est trop tard … Lazare est mort. Avant même d’être arrivé près de l’endroit où
Lazare avait été déposé, Jésus, par deux fois, frémit. Frémir comme lorsque la
colère monte en nous. Que la respiration se fait difficile. Il y a des choses
que nous ne pouvons supporter, quelque chose d’insupportable dans ce qui nous
arrive. Autour des deux sœurs, beaucoup de monde. Ce qui se passe est perçu par
tous même, ce qui se passe en Jésus. Dés son arrivée, Marthe et Marie s’en étaient
prises à Lui : « Si tu avais été ici … ». Un
même reproche : - Jésus, mais enfin, pourquoi n’avoir pas répondu tout de
suite à l’appel de ton ami que nous t’avions fait parvenir ? Pourquoi
avoir tardé ? … « Si tu avais été ici … notre frère
ne serait pas mort». « Ton frère ressuscitera » a répondu
Jésus. Ça Marthe le sait. Mais ce n’est pas une réponse pour aujourd’hui. C’est
pour plus tard. Alors avec ce qu’il
découvre en Lui Jésus dit : non,
pas plus tard, Marthe, aujourd’hui,
c’est moi, je suis la
résurrection et je suis ici à pleurer, à frémir. Peux-tu le comprendre ? Un homme qui pleure ce n’est pas courant. Et
pourtant devant tout le monde Jésus pleure. Il a entendu ce qui se
chuchote. Comme Il l’aimait. Il entend aussi ceux qui l’interrogent avec
amertume. « Il n’a pas été capable d’empêcher Lazare de mourir
… ! » Jésus frémit et il
pleure. Il est désarmé devant la mort.
Jésus a déjà vu un mort : un fils, une petite fille, son père Joseph
probablement. Alors pourquoi ce trouble profond aujourd’hui ? Jésus est mis à nu. Il est là, à deux pas de
Jérusalem, dans quelques jours il sera là, là où est Lazare, dans un tombeau,
tout neuf . A cette heure là qui le sortira ? Qui l’appellera à
sortir ? Il y a en Jésus un combat
terrible devant la mort : il vient de dire je suis la résurrection. Un
combat, dés maintenant, aujourd’hui. Pas plus tard. Il est, devant son ami
mort, devant ses sœurs, devant les pourquoi de tous, devant les sourires de
ceux qui l’attendent justement là. « – Pourquoi m’as-tu
abandonné ? »
va-t-Il crier à son Père, le même à qui Il s’adresse maintenant dans sa
prière avant d’appeler Lazare à sortir. Mais, à l’ heure de son cri à Lui, pour
Lui, ce sera le silence, celui qui nous connaissons aujourd’hui encore. Jésus doit croire. Jésus doit croire que son Père, Dieu, ne
conduit personne à la mort. Que Dieu est impuissant à conduire ainsi, à Le
conduire ainsi, à nous conduire ainsi.
Jésus apprend. Il est venu, je le
crois, pour apprendre à son Père le chemin de l’homme vers la mort. Il est venu, je le crois, pour apprendre à
Dieu à pleurer. A quelques jours de Noël, de l’anniversaire de sa
naissance, n’oublions jamais que Jésus
est venu. Il n’a pas échappé. Il ne s’est pas échappé. Il a pris la
place de Lazare son ami après l’avoir sorti du tombeau. Dieu, mes amis,
je le dis comme ça, Dieu est simplement en retard sur ce que nous
voudrions qu’il soit. En retard ! Il nous laisse du temps, le temps de
découvrir ce qu’ Il a découvert/comme ... Il est là, dans la barque,
endormi au milieu de la tempête. Il est
là non pour guérir la mort mais nous apprendre
sa traversée comme un couloir en montagne. Cet après midi, ici, sous la Parachée, à quelques
jours de Noël, avec tous mes frères jésuites qui sont passés au chalet et qui
sont avec maintenant Joëlle :
apprenons. Apprenons à ne pas avoir peur, de pleurer, de frémir,
apprenons à traverser nos peurs. C’est ainsi que Jésus a cru en son Père. Sardières puis N D A 1 décembre 2011 |