Première lettre de saint Jean  ch. 4, 7-8

 

Mes bien-aimés,

Aimons-nous les uns les autres
car l’amour vient de Dieu
Et quiconque aime
est né de Dieu et parvient à découvrir Dieu.
Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu
puisque Dieu est amour
.
 

 
Evangile selon saint Jean  ch. 11

 

Lazare était mort depuis quatre jours déjà lorsque Jésus arriva.
Sa sœur Marthe dit à Jésus :
« Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort » …
et puis, Marie vint dire à son tour à Jésus :
« Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort »
Lorsque Jésus les vit se lamenter, elle et les Juifs qui l’accompagnaient
Il frémit intérieurement et se troubla.
Il dit : « Où l’avez-vous mis ? »
Ils répondirent : « Viens et tu verras. »
Alors Jésus pleura.
Certains disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »
D’autres dirent :  « Celui qui a ouvert les yeux de l’aveugle de naissance
n’a pas été capable d’empêcher Lazare de mourir. »
Alors, à nouveau,  Jésus frémit intérieurement
et il s’en fut au sépulcre ; c’était un caveau avec une pierre dessus.
Jésus dit alors : « Enlevez cette pierre »
Puis il pria son Père et Il cria à Lazare de sortir …

 


Lazare, Marthe et Marie. Un frère et ses deux sœurs, des amis de Jésus. Marthe faisait bien la cuisine. Leur frère est mort. Ses sœurs avaient pourtant appelé Jésus pendant sa maladie. Mais Jésus a tardé pour se rendre auprès de lui. Pourquoi ? Maintenant c’est trop tard  … Lazare est mort.

Avant même d’être arrivé près de l’endroit où Lazare avait été déposé, Jésus, par deux fois, frémit. Frémir comme lorsque la colère monte en nous. Que la respiration se fait difficile. Il y a des choses que nous ne pouvons supporter, quelque chose d’insupportable dans ce qui nous arrive. Autour des deux sœurs, beaucoup de monde. Ce qui se passe est perçu par tous même, ce qui se passe en Jésus.

Dés son arrivée, Marthe et Marie s’en étaient prises à Lui : « Si tu avais été ici … ». Un même reproche  : - Jésus, mais enfin, pourquoi n’avoir pas répondu tout de suite à l’appel de ton ami que nous t’avions fait parvenir ? Pourquoi avoir tardé ?    « Si tu avais été ici … notre frère ne serait pas mort». 

« Ton frère ressuscitera » a répondu Jésus. Ça Marthe le sait. Mais ce n’est pas une réponse pour aujourd’hui. C’est pour plus tard.  Alors avec ce qu’il découvre en Lui  Jésus dit : non, pas plus tard, Marthe,  aujourd’hui, c’est moi,  je suis la résurrection et je suis ici à pleurer, à frémir.  Peux-tu le comprendre ?

Un homme qui pleure ce n’est pas courant. Et pourtant devant tout le monde Jésus pleure. Il a entendu ce qui se chuchote. Comme Il l’aimait. Il entend aussi ceux qui l’interrogent avec amertume. « Il n’a pas été capable d’empêcher Lazare de mourir … ! »  Jésus frémit et il pleure. Il est désarmé  devant la mort. Jésus a déjà vu un mort : un fils, une petite fille, son père Joseph probablement. Alors pourquoi ce trouble profond aujourd’hui ?

Jésus est mis à nu. Il est là, à deux pas de Jérusalem, dans quelques jours il sera là, là où est Lazare, dans un tombeau, tout neuf . A cette heure là qui le sortira ? Qui l’appellera à sortir ?  Il y a en Jésus un combat terrible devant la mort : il vient de dire je suis la résurrection. Un combat, dés maintenant, aujourd’hui. Pas plus tard. Il est, devant son ami mort, devant ses sœurs, devant les pourquoi de tous, devant les sourires de ceux qui l’attendent justement là.

« – Pourquoi m’as-tu abandonné ? »  va-t-Il crier à son Père, le même à qui Il s’adresse maintenant dans sa prière avant d’appeler Lazare à sortir. Mais, à l’ heure de son cri à Lui, pour Lui, ce sera le silence, celui qui nous connaissons aujourd’hui encore.  Jésus doit croire.   Jésus doit croire que son Père, Dieu, ne conduit personne à la mort. Que Dieu est impuissant à conduire ainsi, à Le conduire ainsi, à nous conduire ainsi.  Jésus apprend.  Il est venu, je le crois, pour apprendre à son Père le chemin de l’homme vers la mort.  Il est venu, je le crois, pour apprendre à Dieu à pleurer. 

A quelques jours de Noël, de l’anniversaire de sa naissance, n’oublions jamais que Jésus  est venu. Il n’a pas échappé. Il ne s’est pas échappé. Il a pris la place de Lazare son ami après l’avoir sorti du tombeau.

Dieu, mes amis,  je le dis comme ça, Dieu est simplement en retard sur ce que nous voudrions qu’il soit. En retard ! Il nous laisse du temps, le temps de découvrir ce qu’ Il a découvert/comme ... Il est là, dans la barque, endormi  au milieu de la tempête. Il est là non pour guérir la mort mais nous apprendre  sa traversée comme un couloir en montagne.

Cet après midi, ici, sous la Parachée, à quelques jours de Noël, avec tous mes frères jésuites qui sont passés au chalet et qui sont avec maintenant Joëlle :  apprenons. Apprenons à ne pas avoir peur, de pleurer, de frémir, apprenons à traverser nos peurs.

C’est ainsi que Jésus a cru en son Père.

 

 

 

 

Sardières  puis N D A

1 décembre 2011