Ouverture Il n’y a qu’un seul réseau, nous rappelle la fête de la Toussaint.  Un réseau qui ne se coupe pas, qui passe partout, qui n’est pas coupé par la mort et tout ce qu’elle fabrique. Un réseau entre ceux d’en bas et ceux d’en haut. La fête de la Toussaint nous rappelle que nous ne sommes pas tous seuls. Il y a ceux d’en bas et ceux d’en haut. Il y a ceux qui sont dans l’Eglise et il y a ceux qui sont à l’extérieur. Tous nous sommes appelés à chanter sur un air d’Edith Piaf …. La Sainteté me rentre dans la peau ! 

A force de prendre du recul pour être surs d’arriver là-haut, la joie qui habitait le cœur de Jésus se serait-elle perdue dans le brouillard de nos vies ? Nous ne pouvons avec lui, être là-haut sans avoir ici, maintenant, consolé, guéri, pardonné. Sans avoir été consolés, guéris, pardonnés.

 

   

11 toussaint

                                                                                                        Jésus gravit la montagne …

Homélie

Car vos noms sont inscrits dans le cœur de Dieu …

Celui ou celle dont le nom n’a jamais été inscrit dans un cœur, dont le nom a été effacé connaît le malheur, a connu le malheur. Ceci a pu nous arriver ne serait-ce  qu’un instant  mais un instant qui a goût d’éternité !

La fête d’aujourd’hui nous annonce que tous, nous sommes inscrits, gravés au moins dans un cœur. Dans le coeur de Dieu. Dieu s’est laisse touché.

Je crois qu’il faut saisir cette annonce en plein vol comme un départ en parapente. Je crois aussi que pour la saisir cette annonce qui est une bonne nouvelle, il faut avoir vécu l’écriture gravée ou, son effacement. Dieu se laisse découvrir en nos pleins et en nos déliés. Dieu se découvre en creux, en humanité.

Lorsque Jésus gravit la montagne, il a guéri.  C’est même pour çà qu’il est suivi par la foule. Imaginons un instant sa joie ! Alors, pressé par la foule, Il est parti en montagne, il est parti là-haut, à l’écart. Je crois, qu’il avait envie de faire découvrir aux siens quelque chose. Il s’arrête. Il s’assoit. Que va-t-il dire ? Les siens s’approchent. Sont-ils restés debout et lui assis ? D’habitude le maître est debout et les élèves sont assis.  Jésus est assis. Il a un secret qu’il désire faire découvrir. Ils ont dû s’asseoir pour mieux entendre. Un secret habite son cœur. Un secret qu’Il veut partager depuis qu’ il a guérit. Jésus ouvre la bouche  et dit : «  Heureux les pauvres de cœurs : le royaume des cieux est à eux » …  Silence. Jésus continue … Heureux ceux qui pleurent … Surprise.  Ils seront consolés. Par qui ?  Qu’est-ce cela ? Jésus laisse découvrir … Se laisse découvrir comme au matin de Pâques.  Devant tant de misères, tant de tristesse Il aurait pu être submergé. Comme nous. Il aurait pu fuir. Ne pas connaître la mort. Au contraire, il a guéri. Il a été guéri de la mort. La résurrection est la joie immense qu’il nous a fait découvrir, partager.

Alors sur la montagne, au début de sa vie publique, Jésus tient à nous faire  découvrir : sa joie. La joie de consoler, la joie de nourrir, la joie de pardonner.

Aujourd’hui Jésus nous partage sa joie et tente de la communiquer. Il nous entraîne à gravir la montagne, non pour échapper à la brutalité du monde mais pour prendre du recul, ne pas être submergés et, nous faire remarquer tous les cassés de la vie. Ils sont sa présence encore parmi nous.

Sur la montagne, Jésus nous fait découvrir sa joie : tous les cassées de la vie sont chacun gravés en son coeur. Jésus nous entraîne A faire comme lui : à leur donner leur place …en chacun de nous. Jésus nous fait découvrir le monde en le gravant en nos cœurs. Ce n’est pas la maladie, la pauvreté, les larmes qui rendent heureux …. Mais cette gravure que nous pouvons porter !

La fête de la Toussaint nous rassemble ici comme autrefois sur la montagne. Nous sommes ici assis avec ce que nous avons fait  ou … en creux, avec un vide … ce que nous n’avons pas fait. Si nous sommes venus en cette église sans avoir guéri, nourri, consolé, pardonné … pouvons-nous avoir un cœur prêt à entendre : heureux ceux qui pleurent  … ?

Ce n’est pas la maladie, la pauvreté, les larmes qui rendent heureux …. C’est d’être abandonné, de ne pas être inscrit dans un cœur, de ne pas  être aimé. Dieu peut-il le faire si nous ne le faisons pas  ?

  N D A Toussaint 2011

 François Rey