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Ascension … (on ne peut deux fois
mourir, c’est autre chose …) C’est probablement en silence qu’ils sont redescendus vers Jérusalem. Quelque chose comme ce qui nous arrive, après le départ d’un être cher, en revenant du cimetière. Lui, repose en terre. Quant à Jésus, Il est parti, vers le Père. Pour l’un et l’Autre il y a, du jamais plus qui s’est installé. Leur voix s’est tue. Nous sommes sans voix. Il faudra du temps … Il faudra du temps pour qu’un murmure comme une brise légère se fasse entendre à nouveau. Il faudra, une attente, renouvelée, pour apaiser. Cette paix ne revient pas toujours. Au début des Actes, Luc n’a pas repris la joie qu’il laisse entendre à la fin de son évangile. Pour Jésus, tout était accompli. Au début des Actes, tout est à prendre, à reprendre. Pour eux. Pour nous. N’ayons pas peur en cette fête de l’Ascension de laisser remonter en surface nos heures de tristesse. Rejoindre ainsi les femmes, les apôtres qui descendent vers Jérusalem. Ce jour là, notent les Actes, le quarantième après Pâques, un chiffre qui dit simplement : ce fut long, ce jour là Il s’est séparé d’eux, dit l’évangile. Oui la séparation déchire … comme à l’heure de la naissance ; création, nous dit l’écriture en sa première page parce que Dieu sépara pour créer. Dieu sépare la lumière des ténèbres. La lumière surgit en ce geste de Dieu, séparer, le temps d’une parole sans retour. Qu’est-ce qui se laisse percevoir, en ce geste, parole de séparation ? La vie – Je le crois. Je le crois parce que les séparations que nous établissons sans Lui construisent des murs, peuvent à jamais détruire. [Une porte ouvre l’en-clos …*] La fête de l’ Ascension nous fait redescendre sur terre. Oui Jésus n’est plus là, depuis ce temps là. Il est parti comme Il était venu, sans que l’on sache exactement comment. En son ouverture l’évangile de Luc et lui seul nous raconte une visite, celle de Gabriel ; une annonce, faite à Marie : Dieu va naître, homme. A la fin de cet évangile, Luc nous raconte la séparation, l’Ascension, comme une naissance. L’une et l’autre. L’une par l’autre : Jésus est venu comme Il va partir… Il est venu de Dieu. Il est venu se loger, habiter une attente. Lui donner corps. Il est venu lover Dieu dans l’attente humaine, l’attente des femmes et celle des hommes. Il est venu nous dire que notre attente est à l’image du petit qu’Il est. Comme Lui, nous venons de Dieu. Et nous partons, comme Lui, vers Dieu. L’attente et la lumière surgissent du ventre de la nuit comme Jonas. Elles surgissent d’une séparation pour la Vie. L’attente demeure en nous. En Dieu aussi … Elle engendre. A jamais. Envoi … En cette fête de l’Ascension, Jésus, qui n’a rien écrit, nous laisse entendre, par d’autres voix que la sienne, ce qu’Il a dit dans le jardin au petit matin du premier jour : - Pourquoi
pleures-tu, qui cherches-tu ? - Oui Je te laisse… Oui Je te laisse pour que tu ailles… Que tu ailles à la rencontre de mes frères, de mes sœurs désemparés ; Je te laisse pour que tu puisses aller à leur rencontre leur annoncer avec ta voix ce qui m’est arrivé, de la part de Dieu. - Rappelle-toi : Il m’est arrivé de guérir, de nourrir, de pardonner ; de consoler ; j’ai donné ma vie. - Je te laisse, fais-le de ma part, comme Je l’ai fait de Sa part. François Rey, N D
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