Question pour un début de semaine sainte,
                       avant un dimanche des rameaux :

  


- Pourquoi encore relire tout ce qui s’est passé, il y a si longtemps ? Et, qu’est-ce que tout cela a à voir avec l’aujourd’hui et le demain  de nos vies et du monde ?

Nous relisons ce qui s’est passé à travers ce que nous racontent surtout les Evangiles. Mais, y-a-t-il ou pas une trame qui nous conduit de Jésus jusqu’à maintenant ?

L’Evangile a été porté contre vents et marées, par l’Eglise (une raison de l’aimer) c’est à dire par des hommes et des femmes, à travers tous les âges et tous les continents. Ils tentaient de faire entendre ce qui les portaient à vivre. Ils avaient des mots, ils avaient des gestes. Les mots n’étaient pas sûrs, les gestes, étonnamment, se sont toujours transmis. Ils sont de toujours … Ils sont même d’avant Jésus. Un ancien testament né de l’humanité. Ce fut la découverte de sa vie, sur les bord du Jourdain. Son savoir-faire jusqu’au bout !

Nous ne trouvons pas souvent les mots pour consoler. Les gestes nous sont plus naturels. Ils sont de toutes races, de toutes cultures. Ils sont : de lancer une pierre (cf. l’histoire de ce dimanche, le cinquième avant Pâques) ou de partager le pain (des histoires d’évangiles nés de l’humanité). Ces gestes se lisent et s’entendent. Les mots ne parlent pas d’eux mêmes … Ils ont une frontière, une langue, que n’ont pas les gestes.

Dire le geste, cependant, est le signe de l’homme. Jésus précise : le signe de Dieu … 
Un évangéliste écrira : le verbe s’est fait chair. Un comble.

La frontière des mots (dressée) protège. Elle accuse aussi. La loi surgit des mots, celle de Moïse comme celle de l’ Eglise, prétexte à tous les pièges pour condamner ; pré-texte, à faire entendre aussi.

Jésus n’a rien écrit. Avec son doigt, toutefois, Il a tracé sur le sol, grâce à de la poussière, ce  que nos pas effacent. Jean Grosjean* suggère qu’Il écrivait ainsi, une lettre à son Père ! … J’ajoute : pour lui dire comment n’être jamais le premier à jeter la première pierre. Il était le seul à pouvoir le faire sans péché  qu’Il était  !  Il ne l’a pas fait …  Et son Père ?

Un jour, Jésus sera poussé devant la foule, mis a nu, accusé lui aussi d’adultère en quelque sorte : il s’est fait fils de Dieu. Union in-concevable.  Dieu, né d‘une femme, avec un corps

Avant d’entendre ces mots comme jet de pierre, Jésus avait conçu l’inconcevable. Au cours d’un dernier repas avec les siens, Il avait partagé le pain, le vin les unissant à son corps ! Il avait, avec ses mots de Fils, désiré faire-part de son geste à venir : donner  sa mise à mort. Ultime appel à une réponse, sans frontière ... La réponse sera.

Elle sera lancée en lieu et place de la pierre … d’un tombeau. Elle sera ce qu’Il avait tracé, dans la poussière, lui, le Fils de l’Homme, ce qu’Il avait tracé au cœur d’une femme. Réponse effaçable, elle sera l’œuvre du troisième jour.  Elle sera un corps marqué de mort à jamais vivant. Elle sera signe : sans mise à mort. Geste de pardon . Œuvre du Père avec l’Esprit. Incarnation … en Dieu ! Les écritures s’accomplirent, ainsi …

 

P. S. le Père a bien reçu Sa lettre. Vous l’avez compris.

                 Il attend les nôtres. Le comprenez-vous ? …

 

François Rey, NDA

21/03/2010

 

 

* J. Grosjean in  l’ironie christique

Nb. Venue d’ailleurs, la page de la femme adultère, ne pouvait qu’être reliée avec le quatrième évangile …