Joindre les deux bouts …

 

Paul dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe, Marc, Luc, Matthieu dans leurs évangiles, racontent le partage du pain, du vin, au cours du dernier repas que Jésus a pris avec les siens. C’était un repas anniversaire. Un repas « souvenir ». Un repas pour célébrer la sortie d’Egypte, une libération de la part de Dieu. Jésus a fait de ce repas un « signe » tourné vers l’avenir, une annonce. Jean raconte un autre geste de Jésus au cours de ce repas. Il a lavé les pieds de ses disciples. Un appel à faire comme Lui.

Ce soir, notre célébration nous donne à vivre  ces deux gestes. A les mélanger si possible avec les nôtres, avec ceux de nos vies, celle de chacun, tous les jours. Faire comme Lui … Pour quelle annonce ?

Ce soir là, Jésus a partagé. Il a servi. Il préparait les siens … à son troisième geste, ultime : donner sa vie. Donner sa vie pour chaque être humain. Depuis le premier jusqu’au dernier. Ultime geste qui traverse le temps. 

 

Le lavement des pieds ne se fait qu’une fois l’an, ce soir. Est-ce suffisant, pourrait-on se demander ? Le partage du pain et du vin au nom de Jésus est plus fréquent : à chaque messe. Ces deux gestes, nous les faisons dans une église … une liturgie !  Mais dehors, dans nos vies de tous les jours, que deviennent-ils ? Perdus dans l’immensité de l’espace et du temps … ?

Je lance ces d’interrogations ce soir parce qu’elles sont les miennes. Je les partage avec les vôtres … Avant de redire des paroles, de refaire des gestes qui ne sont pas les miens, qui ne sont pas les vôtres, qui nous ont été transmis, je me demande quels sont les liens entre l’autrefois et l’aujourd’hui ? Quelle est la trame, depuis ce soir là à Jérusalem avec nous en Haute Maurienne ?  Serait-ce une trame Arc en Ciel entre hier, aujourd’hui, demain ? 

Au commencement … Dieu s’est fait homme. Il est né d’une femme. Jésus a vécu une trentaine d’années. Il est mort non de vieillesse mais jeune et condamné. - Il s’est fait Fils de Dieu Lui, l’homme de Nazareth. Il a été condamné pour avoir consolé par des gestes et des paroles d’humanité qui  faisaient entrevoir Dieu.  … Est-ce tout ?  Non. Il nous est dit que sa mort nous a libérés, sauvés … De quoi donc ?

Ce soir ne passons pas trop vite, à pieds joints, sur cette dernière question.  Cet homme venu de la part de Dieu, de quoi nous libère-t-Il ?

 

Dieu s’est fait homme  pour tous les hommes. Et nous sommes parmi eux !

- Seigneur, que nos gestes et parmi eux il y a celui de notre présence ici ce soir, que nos gestes, que nos chants nous aident à changer nos cœurs. Qu’ils s’ouvrent à l’infini …

 

1 avril 2010

n d a