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Une
route vers Pâques …. après que nous ayons relu le récit de la
transfiguration …
en ces jours là, un homme s’est donné la mort …
quelques moments de notre célébration
Ouverture
Forcer la
porte de la vie pour qu’elle s’ouvre
enfin
Forcer la
porte
avec rage
pour en
finir avec l’insupportable
Forcer la
porte pour découvrir ce qu’une attente de chaque jour
de tous les
jours, depuis des années, ne pouvait plus supporter
M, c’est
ainsi, par ce geste, que tu nous as laissés …
Ici, cet
après midi, en cette église qui a vu le jour de ton baptême
M, c’est
à Dieu
que nous te
confions …
Nous sommes
désemparés
impuissants
devant ton geste
mais nous
sommes tous là, pour te confier
c’est …
notre geste ; à nous ; pour toi.
-
Pourquoi ce geste pourrais-tu dire ?
– Parce qu’
un jour, Dieu s’est confié à toi
Il ne peut
l’oublier… ni t’oublier.
Ces deux
petites flammes, vacillantes,
images de
tes parents
qui t’ont
engendré à la vie …
Qu’elles
brillent un instant encore sur ton corps défiguré
Tu les a
rejoints dans leur attente …
Et que ce
signe de la croix du Fils
que nous
allons poser sur nos corps
nous
engendre à l’amour qui échappe comme le vent
Un vent qui
nous creuse comme il creuse un sillon dans la neige.
Avec
Toi Jésus ressuscité …nous passerons sur l’autre rive
Dans l’évangile de Luc
au ch. 15
Certains murmuraient contre Jésus parce qu’Il accueillait
ceux et celles qui étaient perdus … Jésus alors leur raconte cette
histoire :
Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son
père : « Père, donne-moi la part de fortune qui doit me
revenir. » Et le père leur
partagea son avoir. Peu de jours après , le plus jeune fils, ayant réalisé
son avoir partit pour un pays lointain ; il y dissipa son bien dans une
vie de prodigue.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans
ce pays et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre au service
d’un citoyen de ce pays qui l’envoya dans les champs garder les porcs. Il
aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les porcs
mais personne ne lui en donnait.
Alors rentrant en lui-même, il se dit :
« Combien d’ouvriers de mon père ont du pain de reste et moi je suis ici à
mourir de faim ! Je vais aller vers mon père et je lui dirai :
« Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être
appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers ».
Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son
père l’aperçut et fut pris de pitié : il courut se jeter à son cou et
l’embrassa longuement. Le fils lui dit : « Père, j’ai péché envers le
ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils … » Mais le père dit à ses serviteurs :
« Vite, apportez la plus belle robe et habillez-le ; mettez-lui un
anneau au doigt, des sandales aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons
et festoyons, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il
était perdu et il est retrouvé …
La sagesse a dressé une table …
Homélie …
Est-ce le père ou le fils qui est prodigue ?
Le père a laissé partir son fils, il l’a laissé faire tout
ce qu’il avait envie de faire mais, il n’a cessé de l’attendre. Depuis ce
départ, tous les matins, il partait sur une petite hauteur derrière la
maison : il guettait son retour. C’est vrai, depuis ce jour là, ce n’était
plus comme avant il, n’était plus comme avant, son aîné avait du mal à le reconnaître
et se demandait : - Pourquoi cette attente de quelqu’un qui a choisi de
s’éloigner avec tout ce qu’il a reçu ! … Ces pensées de fils aîné sont
bien souvent les nôtres … Pourquoi attendre
chaque soir ?
Bien après la tombée de la nuit, le père regagnait sa maison avec, un creux au
ventre, un creux signe de son attente infinie.
Est-ce cette attente paternelle qui a éveillé la faim au
ventre du fils ? L’histoire ne le dit pas. Mais dans nos vies de femmes et
d’hommes, il se passe des choses
étranges ; des choses fortes, il y a des transmissions qui ne sont pas de
pensées seulement. Je crois que l’attente se transmet, de Père en Fils, par
de-là, au de-là de l’engendrement d’un corps,
brise légère qui touche ou caresse un visage …
Le père attendait
sur la colline derrière la maison dans le vent ou la tempête, sous le soleil et
la pluie. Ses épaule se voûtaient au fil de jours … Le fils avait, de plus en
plus faim …
Deux questions m’arrêtent, que je vous partage :
- Où est le cœur de Jésus lorsque Il raconte cette histoire
qui est sienne et qui est nôtre ? … - Il me semble que son cœur est alors
proche oh combien, de celui de son Père même s’Il l’avait envoyé au loin,
à l’étranger, parmi nous, lui le Fils qui est tout son avoir de
Père !
- Et le cœur de Luc qu’était-il pour avoir retenu
cette histoire et nous l’avoir racontée, lui seul ? - Peut être tout
simplement pour nous donner envie de la raconter, à notre tour ! Car cette
histoire je le crois, continue de s’écrire, de se tisser aux couleurs de nos
vies. Luc nous dit, qu’un jour, loin de son père, tiraillé par la faim, le
petit se souvient … - Père … dit-il, contre le ciel et contre toi … Il
découvre : l’un et, l’autre. Le ciel et, son père. Il faut avoir découvert l’homme pour découvrir
le ciel. L’un ne va pas sans l’autre …
Mes amis,
Ce qui nous lie à M et ce que M a tenté de nouer avec
nous est une histoire qui laisse entendre une autre histoire, l’histoire de
Dieu … de Dieu avec nous … avec chacun de nous. Pas, contre nous ! Rappelez-vous, quand il était encore
parmi vous, votre père, après une de vos absences plus ou moins longue, disait
à l’heure du retour : - tiens voilà le fils, la fille prodigue !
Votre papa aimait cette histoire sans savoir encore, combien elle serait la
sienne, et celle de son fils.
Mes amis,
Si tous, nous pouvions nous souvenir que nous sommes des
prodigues, tous, et non des bien-pensants ou des bien-comme-il-faut, alors j’en
suis sûr nous découvririons que la porte du Bon Dieu n’est jamais fermée mais
toujours ouverte, qu’il n’est pas besoin de la forcer … Notre cœur aurait
beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur. C’est Jean qui l’a
écrit.
Mes amis,
Non seulement nous sommes tous des prodigues mais, et c’est
le plus beau de cette histoire, à cause de cela nous sommes tous filles,
fils de Dieu, frères et sœurs … un même
Père au ciel de nos cœurs.
François Rey, 1 mars 2010
Le vent souffle où il veut …
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